Intervention lors de la présentation du budget primitif 2012 – conseil municipal du 8 décembre 2011.
Comme partout dans notre pays, la demande de sécurité est forte à Amiens. Depuis bientôt 4 ans, la municipalité œuvre en ce sens. Nous nous sommes ainsi dotés d’une organisation administrative conséquente à la hauteur des enjeux. Viser l’efficacité en matière de sécurité, c’est avant tout miser sur l’humain. Les dépenses de personnel concentrent la quasi-totalité du budget de la délégation sécurité/prévention, qui s’élève à quelques 7 millions d’euros. Les moyens financiers et humains supplémentaires apparus depuis la réorganisation reflètent notre engagement en faveur de la gestion des risques, de prévention et de médiation. Les effectifs de la police municipale et du centre de sécurité urbaine n’ont pas connu d’augmentation notable. Deux autorisations de programme d’investissement concernent la modernisation des systèmes de prévention et le suivi des cavités souterraines.
Alors que cachent ces millions d’euros ?
Tout est désormais mis en œuvre pour préparer et anticiper au mieux les catastrophes : poste de commandement communal, élaboration du plan communal de sauvegarde – avec un exercice d’état-major la semaine prochaine - ; information préventive des Amiénois favorisant la culture du risque en s’appuyant sur le DICRIM et le soutien des comités de quartier ; suivi et comblement de nos cavités ; suivi rigoureux des établissements recevant du public… En 2012, nous mènerons des exercices PCS, notamment nucléaire, participerons au plan rouge Ajinomoto Eurolysine, amplifierons nos actions de sensibilisation auprès des scolaires et avec une 2e édition du DICRIM, un automate d’appels complètera le réseau national d’alerte et de protection des populations.
En matière de sécurité publique, nous avons privilégié la présence humaine aux technologies coûteuses, peu efficientes, souvent liberticides. Ainsi, nous avons souhaité miser sur la présence dissuasive d’agents de police municipale plus proches des Amiénois. Acteur incontournable de la sécurité et de la prévention de la délinquance, la police municipale d’Amiens est dotée d’effectifs importants et que nous avons souhaité constants. Une doctrine d’emploi claire a été fixée : exemplarité, déontologie, polyvalence, prévention, dissuasion, dialogue, service aux personnes. Les unités d’intervention et de prévention ont laissé place à la polyvalence des agents et une plus grande présence dans les quartiers. Les nouveaux postes de police Nord et Est ainsi que le poste Ouest récemment rénové offrent de meilleures conditions de travail mais surtout d’accueil du public. Les objets trouvés ont retrouvé le Beffroi où a été recréé un accueil police municipale de qualité. En 2012, le poste sud quittera André Chénier pour se rapprocher des services de proximité à Pierre Rolin. La fourrière municipale quant à elle devrait trouver prochainement un espace plus spacieux. Le partenariat avec la police nationale a été toiletté et clarifié, formalisé au sein d’une convention de coordination équilibrée. Si la police municipale représente le plus gros poste budgétaire de notre délégation, l’exploitation de la vidéosurveillance de voie publique n’est pas en reste, comme le souligne l’évaluation qui sera enfin présentée aux élus en janvier, élus qui devront ensuite décider de son avenir à Amiens. La vidéosurveillance n’a pas été développée et un service dédié, au budget propre, a été créé, distinct de la police municipale. Les locaux du centre de sécurité urbaine ont d’ailleurs été totalement réaménagés. L’information du public a été renforcée, mais doit être améliorée en 2012.
Il me semble que les autorités publiques ont une obligation morale en matière de sécurité. Dans un contexte particulièrement difficile dans les relations entre les collectivités locales et l’Etat, il convient de faire preuve d’un grand sens diplomatique et d’un grand respect des prérogatives de chacun. Comment réellement améliorer la qualité de vie de nos concitoyens sans un partenariat serein et de qualité entre les producteurs de sécurité, tout en laissant une place à la citoyenneté.
Dans cet esprit, un guide de la sécurité à Amiens a été élaboré ces derniers mois et sera prochainement diffusé dans toutes les boîtes aux lettres.
Améliorer le cadre de vie et la sécurité, c’est le sens de la mission prévention situationnelle créée en 2010. Il convient désormais de penser la sécurité dans les projets de la ville. En substance, repenser la ville avec bon sens, pour ses habitants, pas uniquement pour faire plaisir aux architectes.
Si nous avons hérité de 48 caméras, nous n’avons pas hérité de professionnels de la résolution alternative des conflits. Le maire vous l’avait annoncé lors du vote du budget 2011. L’arrivée d’agents locaux de médiation sociale sera effective en 2012. A noter que le service prévention médiation a vocation à prendre de l’ampleur ces prochaines années.
Un diagnostic local de sécurité vient de s’achever. Préalable à la redynamisation de notre politique intercommunale de prévention de la délinquance, ce diagnostic a identifié trois difficultés majeures de notre territoire : les violences aux personnes (notamment avec les violences intrafamiliales), les addictions et la récidive. Préfigurant notre stratégie territoriale de prévention, l’étude a pointé en creux la nécessité de fonder une culture commune de la prévention des délinquances, quelles que soient les administrations, les collectivités, les délégations de la ville ou de l’agglomération, quels que soient les champs de compétence ou d’influence.
Les politiques de sécurité et de prévention ne peuvent plus être menées efficacement en restant isolés ou hors sol.
La sécurité est un bien commun. Sa mise en œuvre au quotidien ne doit pas nourrir les exclusions ni accroître les inégalités ou le sentiment d’injustice. La sécurité demande un renforcement de la démocratie locale. Son développement exige des méthodes novatrices, mobilisant, certes des moyens financiers, mais surtout mobilisant des savoir-faire multiples et reposant sur de nouveaux partenariats fondés sur la confiance.
Beaucoup d’efforts ont été entrepris par la municipalité. Considérant l’ampleur des désordres urbains dans notre ville, nous pouvons difficilement clamer que les avancées obtenues soulagent immédiatement et durablement nos concitoyens. Si la ville s’est pleinement investie à améliorer la sécurité, nous ne pouvons pas en dire autant des moyens mis à disposition par l’Etat au service des Amiénois. Les effectifs de police ont fondu à vue d’œil, avec moins 35 fonctionnaires de police ont disparu des rues en moins de 2 ans.
Alors, parler de sécurité c’est bien, avoir les moyens de garantir la sécurité partout sur le territoire de la République, c’est encore mieux.
bonjour,
je découvre votre site avec intérêt et vous remercie pour sa richesse.
la lecture de cet article m’invite à intervenir peut être pour débuter un débat.
“Il me semble que les autorités publiques ont une obligation morale en matière de sécurité. Dans un contexte particulièrement difficile dans les relations entre les collectivités locales et l’Etat, il convient de faire preuve d’un grand sens diplomatique et d’un grand respect des prérogatives de chacun. Comment réellement améliorer la qualité de vie de nos concitoyens sans un partenariat serein et de qualité entre les producteurs de sécurité, tout en laissant une place à la citoyenneté.”
vos quelques mots dont je pense saisir le sens me gênent à plusieurs titres. en premier lieu, j’ai a conviction que les autorités publiques ont comme première fonction d’assurer un état de sûreté aux citoyens en matière de sécurité comme dans les autres domaines. cela collabore du contrat social et sans ce préalable bcp d’autres chantiers ne peuvent pas être engagés( éducation économie).
ensuite j’ai le sentiment à votre lecture que la place du citoyen est annexe. ne vous méprenez pas. je ne suis pas en train de prétendre que vous la percevez comme annexe mais plutôt que la complexité des relations entre collectivités et Etat a tendance à marginaliser les réflexions qui pourtant devraient s’organiser autour du citoyen plutôt qu’autour de la défense de prérogatives. mais peut être suis je dans l’erreur.
“Si nous avons hérité de 48 caméras, nous n’avons pas hérité de professionnels de la résolution alternative des conflits. Le maire vous l’avait annoncé lors du vote du budget 2011. L’arrivée d’agents locaux de médiation sociale sera effective en 2012. A noter que le service prévention médiation a vocation à prendre de l’ampleur ces prochaines années”
je pense que la segmentation des réponses, par l’usage de ressources spécialisés induit une perte de sens de la réponse finale. cette médiation me semble devoir être le fait des primo intervenants, les policiers ou gendarmes, que ces derniers mobilisent en cas de besoin des services sociaux qui complèteront quand de besoin leur propre action est pertinent. comment sinon apporter sur le territoire des réponses immédiates et adpatées. je reprends les propos de mr roché quand il envisage une action de proximité basée sur 5 fonctions dont territorialité, polyvalence, traitement immédiat.
j’adhère complètement à cette culture commune à laquelle vous invitez et sais comme elle est difficile à mettre en place pourtant les expériences d’intervention sont les mêmes. il faut dépasser les a priori et les corporatismes.