Prévention, sécurité : une seule filière est possible – Tribune parue dans La Gazette

Tribune parue dans La Gazette des communes du 29 Avril 2013

Depuis vingt ans, la prévention sociale, la prévention des risques urbains, et le développement des politiques locales de sécurité ont entraîné de profondes mutations dans la définition d’un certain nombre de métiers, dont les référentiels d’exercice se construisent parfois à la charnière de métiers existants, mais également génèrent leurs propres outils.

Ainsi, la gestion de l’espace public est soumise à tous les défis posés par la mixité des lieux et la diversité des usages, par les confrontations de groupes sociaux ou encore par l’intégration multiculturelle. La multiplicité d’intervenants rendent nécessaire la mise sur pied de chartes d’usage, d’entretien, d’intervention sur les situations d’urgence. Si les textes règlementaires sont indispensables, encore plus indispensables sont la création de référentiels partagés entre tous les métiers crées ces dernières années pour assurer la qualité de ces espaces publics. Prévenir, sécuriser, médier les conflits sont au cœur de ces nouveaux métiers de la ville.

Agents de médiation sociale, correspondants de nuit, agents de surveillance de la voie publique, opérateurs de vidéosurveillance, agents de police municipale, responsables de services prévention, coordonnateurs des CLSPD pourraient se retrouver dans une seule et même filière métier, dont l’intérêt principal serait de prendre en compte le nécessaire travail en partenariat, les diagnostics partagés, la continuité des interventions et des évaluations communes. Le déroulement de carrière et la mobilité en seraient facilités.

Tel est le sens de la résolution récemment adoptée par le Forum Français pour la Sécurité urbaine. Nous souhaitons par ailleurs que le CNFPT adapte son offre de formation en ce sens et que le débat sur l’intercommunalité interroge l’adaptation de la fonction publique territoriale.

Associons les communes à la politique de sécurité, tribune publiée dans Le Monde du 31 août 2012

Tribune publiée dans Le Monde daté du 31 août 2012, dans les pages Débats “Gauche et sécurité, un mariage de raison ?“.

NB : comme mes autres publications, cette contribution n’engage pas la municipalité d’Amiens.

Associons les communes à la politique de sécurité

La sécurité ne relève plus de la seule responsabilité de l’Etat. Les collectivités locales occupent une place centrale. Les élus locaux se retrouvent en première ligne, confrontés à la colère des victimes et à la demande croissante de sécurité de leurs administrés. Mais les communes concourent à la production de la sécurité en tant qu’aménageurs, opérateurs, gestionnaires de services publics et employeurs.

Ainsi, nous avons observé une implication réelle des villes, venant souvent pallier des carences étatiques, en finançant des polices municipales, des médiateurs, de la vidéosurveillance, etc. Le législateur est venu confirmer cette tendance en 2007 en érigeant le maire au centre de la prévention de la délinquance et en faisant du partenariat un incontournable.

Cependant il apparaît que l’Etat, d’une part, continue à se comporter comme donneur d’ordres alors que les communes financent les choix définis en hauts lieux – renforcement des prérogatives des policiers municipaux et promotion aveugle de la vidéosurveillance – et, d’autre part, qu’il se désinvestit avec l’application de la RGPP dans la police nationale et la gendarmerie. Or, une politique de prévention et de sécurité ne peut plus se concevoir uniquement à Paris. Pour autant, les élus locaux ne pourront obtenir des résultats seuls en dépit de leurs efforts.

En 2012, le président de la République décide d’ériger l’éducation, la justice et la sécurité comme priorités du quinquennat. En matière de sécurité, la première mesure est l’instauration de zones de sécurité prioritaires. Ce dispositif marque le retour de l’Etat. Toutefois, nous ne devons pas retomber dans les errances du centralisme. Les élus locaux doivent occuper une place centrale dans la redéfinition de la politique de prévention et de sécurité. Etant entendu que les problèmes de sécurité concernent avant tout des habitants et des territoires, il convient d’organiser une gouvernance plus locale de la sécurité.

S’il n’est pas question de faire des maires des shérifs ou d’opter pour une décentralisation de la sécurité, il s’agit d’orienter l’action publique en fonction des besoins des habitants et de se reposer sur des innovations locales. Ainsi, les priorités pourraient être convenues entre les communes, le parquet et les chefs de service de police ou de gendarmerie. Grâce aux nouvelles stratégies territoriales, les politiques publiques concourraient à prévenir toutes les formes de délinquance, en réconciliant prévention, dissuasion, sanction et réinsertion. Aussi, bâtissons un vrai service public de médiation.

La prévention situationnelle fait prédominer les impératifs de sécurité sous l’unique angle de l’urbanisme sécuritaire. Une autre prévention est possible qui améliore à la fois sécurité et cadre de vie. En effet, la vidéosurveillance doit être abandonnée, car elle est peu efficiente pour prévenir la délinquance, attentatoire aux libertés publiques et consommatrice de crédits publics et de personnels. La prévention ne saurait être efficace qu’assortie d’une présence humaine ” de terrain “, dissuasive et rassurante : la création de zones de sécurité prioritaires et la fin de la baisse des effectifs dans la police et la gendarmerie devront y contribuer.

Pour autant, nous ne pouvons éluder les questions de répartition des forces de l’ordre, de territorialisation des forces mobiles, du régime d’exception de la Préfecture de police de Paris et de relations police-population. Aussi, une nouvelle organisation territoriale pourrait aider à passer de la police de l’Etat à celle du citoyen. Police et gendarmerie doivent rendre compte de leur action aux habitants plutôt qu’aux seuls préfets, lesquels pourraient être rattachés aux services du premier ministre plutôt qu’au ministère de l’intérieur.

Partenaires des missions complémentaires des forces étatiques, les polices municipales se retrouvent être les seules polices de proximité. Acteurs territoriaux de la prévention et de la sécurité, les policiers municipaux doivent être mieux reconnus. Une filière prévention sécurité au sein de la fonction publique territoriale pourrait être créée.

Mieux conseillés, communes, intercommunalités, conseils généraux et régionaux ont un rôle à jouer afin de renforcer la sécurité. La sécurité ne sera garantie que si nous l’inscrivons dans une politique républicaine audacieuse et plus conforme aux attentes de nos concitoyens.

Appel des féministes : Les droits des femmes passent par la gauche

Cette campagne est lancée par 150 femmes et hommes féministes qui publient aujourd’hui un appel sur le site de Libération. Cet texte rappelle que l’avancée des droits des femmes ne peut passer que par des politiques progressistes. Il souligne également que si la victoire de la gauche est une condition importante pour faire avancer l’égalité entre les sexes, elle n’est pas suffisante. Nous voulons participer à la dynamique nécessaire à la victoire de la gauche en mobilisant les femmes et les hommes qui s’engagent pour les droits des femmes. Nous voulons aussi que les droits des femmes s’invitent sur la scène de l’élection présidentielle et rappeler qu’en matière d’égalité entre les sexes, rien n’est jamais acquis.

Nous sommes féministes. Le 6 mai prochain, nous voterons pour la gauche rassemblée, nous voterons pour François Hollande. Lire la suite

Armement généralisé des policiers municipaux: n’occultons pas les vraies raisons du malaise

Tribune cosignée avec Michel Marcus, magistrat honoraire, expert en sécurité urbaine, publiée le 10 avril 2012 dans le Huffington Post. 

france

La grève des policiers municipaux toulousains qui, après la levée du plan Vigipirate écarlate, ont refusé d’être désarmés en journée, a suscité un écho inédit dans la presse ces derniers jours. Le traumatisme des attaques terroristes de Toulouse et de Montauban y est bien sûr pour beaucoup. Mais nous aurions tort de ne pas voir dans cette crise la manifestation d’un malaise plus profond qui traverse la profession/le corps.

Il s’agit là d’une nouvelle manifestation du manque de reconnaissance des policiers municipaux et de l’absence d’une doctrine claire en matière de gouvernance locale de la sécurité.

En terme de reconnaissance, force est de constater que les agents de police municipale sont trop souvent réduits à de simples supplétifs des fonctionnaires de police et des gendarmes. Lire la suite

“La surveillance sous l’oeil des citoyens”, entretien avec la Revue Mouvements

Gauche : attention chantier ! A quelques mois des présidentielles, le numéro 68 de la Revue Mouvements entend se pencher sur les réflexions et expériences capables de renouveler l’imaginaire de la gauche pour répondre à cette question urgente : qu’est-ce qu’être de gauche aujourd’hui ?

“La surveillance sous l’œil des citoyens”, entretien avec Émilie Thérouin, propos recueillis par Noé Le Blanc.

“Cette expérience à contre-courant est révélatrice d’une manière originale de subvertir nos institutions : suspendre l’installation de la vidéosurveillance alors que partout en France, ou presque, toutes couleurs politiques confondues, elle passe pour l’alpha et l’oméga de la sécurité des Français, c’est se donner le temps de chercher ailleurs, chercher mieux, et de manière plus sensée. De mettre en perspective les questions de sécurité, de faire la politique autrement.”

Extraits de l’édito

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Prévenir la délinquance en misant sur les solutions locales et la citoyenneté

Tribune des élus écologistes d’Amiens – Amiens Forum n°25 – Novembre 2011

Aux côtés de l’Etat, la municipalité contribue à améliorer la sécurité des Amiénois. Prévenir la délinquance doit devenir une préoccupation quotidienne de notre territoire, en proie à d’importantes difficultés. Pour moins de discours et plus d’efficacité, un partenariat serein doit être mobilisé sans exclusive, en  respectant les compétences de chacun.

Médiation, prévention situationnelle, présence dissuasive des policiers, sanction assumée et citoyenneté sont au cœur de la politique locale de sécurité. 

Si nous avons hérité en 2008 de 48 caméras, nous n’avons hérité ni médiateurs ni organisation efficace de prévention. Un diagnostic local de sécurité s’achève et soulève trois problématiques majeures de notre territoire : surconsommation d’alcool,  violences et récidive. Les  préconisations de l’étude vont refonder notre partenariat et élaborer une stratégie intercommunale de prévention efficace. Pour mieux connaître les acteurs de la sécurité et le rôle des habitants, un guide de la sécurité à Amiens sera diffusé dans toutes les boîtes aux lettres. Il s’agit de doter les Amiénois d’un outil pratique, utile et citoyen.

Balayant les postures politiques hésitant entre instrumentalisation des  peurs et irresponsabilité, vous pouvez compter sur la détermination et la mobilisation des élus écologistes en matière de sécurité.  

Tribune avec Jean-Jacques Urvoas – Délinquance des mineurs : l’impasse sécuritaire

Tribune publiée dans Libération du 3 octobre 2011

Par Emilie Thérouin, maire-adjointe (Europe-Écologie-Les Verts) d’Amiens en charge de la sécurité et de la prévention des risques urbains et Jean-Jacques Urvoas, député du Finistère, secrétaire national du PS chargé de la sécurité.

http://www.liberation.fr/societe/01012363313-delinquance-des-mineurs-l-impasse-securitaire

Nicolas Sarkozy a échoué en matière de sécurité.  N’en déplaise à la droite qui s’épuise à réécrire l’histoire via des éléments de langage savamment élaborés, ce constat brutal, pour sévère qu’il puisse paraître, s’impose à tous.

Les journalistes ayant fini par se lasser des conférences de presse où les statistiques sont exploitées pour nier une réalité sur laquelle tout le monde s’accorde en coulisse, le Président de la République doit trouver un ennemi à qui imputer un échec annonciateur de débâcle électorale. Sans se déjuger, ni renoncer à ses antiennes répressives, cherchant vainement une porte dérobée au fond de son impasse sécuritaire, il s’applique à conférer à cette obstination dans l’erreur une apparence de changement.

Les jeunes dont la fièvre, qui semblait à Bernanos le seul moyen de maintenir le reste de l’humanité à température normale, ne sont pas l’avenir mais un danger.

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Pour une politique écologiste de sécurité

Contribution à l’ouvrage La sécurité urbaine en questions, dirigé par Anne Wyvekens, Collection Les pratiques du Cédis, Août 2011.

Trop longtemps les écologistes sont restés sans corpus idéologique sur les questions pourtant fondamentales de la sécurité, et ce, en dépit de nombreuses tentatives restées jusqu’alors sans succès.

Essayer de poser une vision écologiste, c’est tenter de dépasser les contradictions entre volonté de mettre fin aux violences tout en s’affirmant non-violent, constater la nécessité d’un cadre étatique tout en souhaitant prioriser les solutions locales plus adaptées, prioriser l’action préventive tout en répondant à ses échecs.

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Amiens : la volonté de réinventer la police de proximité

Article paru dans le dossier Sécurité de la Gazette des communes du 23 mai 2011 (photo : Patricia MARAIS)

“La police municipale comme nouvelle police de proximité, c’est le choix qui a guidé la réorganisation du service engagée en 2008, sous la houlette d’Emilie Thérouin, adjointe chargée de la prévention et de la sécurité.  « Les missions étaient devenues très confuses et les agents eux-mêmes ne s’y retrouvaient plus. Il fallait tout remettre à plat », se souvient l’élue « verte ». Un an plus tard, le bureau municipal entérine la nouvelle doctrine d’emploi : « La police municipale se doit d’être exemplaire, privilégie la prévention, la dissuasion, le dialogue et le service aux personnes. Véritable police de proximité, elle doit être polyvalente, à l’image consensuelle et rassurante. »

Un virage stratégique…

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Pour un partenariat équilibré et serein entre polices municipales et police nationale

Tribune sur la coopération entre polices locales et Etat pour les élèves administrateurs territoriaux de l’INET – Promotion Robert Schuman, qui ont organisé les 4 et 5 avril 2011 à St Denis deux journées d’actualité des politiques publiques, Vivre ensemble dans une ville durable.

L’action menée par l’ensemble des collectivités est censée contribuer au « mieux vivre ensemble ». Ainsi, aux côtés de l’Etat, les collectivités coproduisent de façon plus ou moins consciente et assumée de la sécurité.

Une politique publique locale de sécurité ne pourra être efficace sans un partenariat équilibré et serein entre les producteurs de sécurité : citoyens, polices, justice, Education nationale, bailleurs, transporteurs ou encore collectivités locales, au premier rang desquelles figurent les communes. La commune s’inscrit dans la production locale de la sécurité en tant qu’aménageur, opérateur, gestionnaire de services publics, employeur. Des milliers de communes ont ainsi choisi de se doter de polices municipales.

Les polices municipales sont devenues des acteurs incontournables de la sécurité publique. Le partenariat entre polices municipales et police nationale revêt différentes formes selon les époques, les villes, les sensibilités politiques, voire les personnalités : transferts de charges, concurrence, coexistence, quasi indifférence ou complémentarité…

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