En avril dernier, l’association APREMIS apprenait la baisse de plus de 47% les crédits du Service pénitentiaire d’insertion et de probation destinés au placement extérieur des détenus du département. Dès lors, l’association ne peut plus accepter de demandes de prise en charge formulées par les personnes condamnées ou par le SPIP.
Utile à la réinsertion et à la prévention de la récidive, cette mesure d’aménagement des peines de détention, accessible aux détenus ayant moins de 2 ans de détention à effectuer ou un an en cas de récidive légale, en fin de peine ou dès le début pour les peines inférieures à cette durée, est mise en œuvre par l’association A.P.R.E.S., puis l’APREMIS, depuis 1988 dans le cadre d’une convention signée avec l’Administration Pénitentiaire.
L’association APREMIS propose un accompagnement global aux détenus accueillis en placement extérieur : un hébergement, un accompagnement vers l’emploi, un accompagnement éducatif individuel, un accompagnement psychologique.
Les accueils émanant du département de la Somme, et financés sur le budget du S.P.I.P. de la Somme, représentant environ 80 % des accueils de l’association, une telle décision – dans un contexte budgétaire général très tendu pour notre association avec un déficit global 2011 important – oblige l’association à envisager l’arrêt de cette activité si la reprise des accueils ne peut pas être effective dès l’été 2012. Professionnels, Parquet, juges d’application des peines, municipalité se mobilisent pour que le ministère de la Justice révise leur copie.
Après avoir représenté environ 10 % du nombre des accueils en placement extérieur sans surveillance permanente de l’Administration Pénitentiaire, depuis que ces mesures se sont un peu généralisées, l’association continue à représenter en moyenne entre 3 % et 3,5 % du nombre de personnes écrouées en France dans ce cadre.
Depuis sa mise en œuvre par l’association, elle implique de très nombreux cofinancements tant pour l’hébergement des détenus, leur mise au travail que pour l’accompagnement social, éducatif et psychologique. Ces cofinancements proviennent de l’Etat (DDCS : ALT, DIRECCTE : emplois aidés, …), du Conseil Général – dispositifs d’insertion -, de l’A.R.S., du F.S.E. et d’Amiens Métropole. C’est une source de difficultés et de fragilité mais les cofinancements marquent également le fort soutien territorial à cette action.
Si cette coupe brutale des crédits de l’administration pénitentiaire met dans de graves difficultés financières l’association APREMIS, elle remet également en cause le principe même d’une action publique efficace en matière de prévention et de sécurité, intégrant la réinsertion.
Le maire d’Amiens va également attirer l’attention de la ministre de la Justice sur les dangers qui pèsent sur le placement extérieur des détenus de la maison d’arrêt d’Amiens.