Prévention de la récidive : Amiens métropole soutient l’APREMIS

Le conseil d’agglomération du 5 juillet a adopté à l’unanimité une subvention du Conseil intercommunal de sécurité et de prévention de la délinquance pour soutenir deux actions conduites par l’association APREMIS. Il s’agit de l’accompagnement de mineurs délinquants et de leur famille via les entretiens familiaux et les ateliers parentaux ; il s’agit également de soutenir l’atelier “temps de vie, d’échanges et de médiation” pour les personnes placées sous main de justice ou en placement extérieur.

Pour avoir assisté aux retours d’expérience de ces ateliers, cette délibération fut l’occasion de rappeler l’importance de ces actions menées par l’APREMIS avec le soutien des collectivités et de l’État, qui contribue fortement à la réinsertion des délinquants, indispensable à une action efficace en matière de sécurité.

Or, le placement extérieur des détenus au sein de l’association se trouve menacé à Amiens. En avril dernier, l’association APREMIS apprenait la baisse de plus de 47% les crédits du Service pénitentiaire d’insertion et de probation destinés au placement extérieur des détenus du département. Dès lors, l’association ne peut plus accepter de demandes de prise en charge formulées par les personnes condamnées ou par le SPIP.

Utile à la réinsertion et à la prévention de la récidive, cette mesure d’aménagement des peines de détention, accessible aux détenus ayant moins de 2 ans de détention à effectuer ou un an en cas de récidive légale, en fin de peine ou dès le début pour les peines inférieures à cette durée, est mise en œuvre par l’association A.P.R.E.S., puis l’APREMIS, depuis 1988 dans le cadre d’une convention signée avec l’Administration Pénitentiaire.

L’association APREMIS propose un accompagnement global aux détenus accueillis en placement extérieur : un hébergement, un accompagnement vers l’emploi, un accompagnement éducatif individuel, un accompagnement psychologique.

Si cette coupe brutale des crédits de l’administration pénitentiaire met dans de graves difficultés financières l’association APREMIS, elle remet également en cause le principe même d’une action publique efficace en matière de prévention et de sécurité, intégrant la réinsertion.

Comme de nombreuses autorités judiciaires du Parquet et du siège, le président d’Amiens métropole a écrit à la ministre de la Justice afin d’attirer son attention sur la situation de l’APREMIS et du placement extérieur des détenus de la maison d’arrêt d’Amiens.

— Lettre du président d’Amiens métropole à la ministre de la Justice à télécharger : courrier GD Taubira

Une réflexion au sujet de « Prévention de la récidive : Amiens métropole soutient l’APREMIS »

  1. Merci pour votre soutien. Les associations comme la nôtre suffoquent face à ces arrêts brutaux de financements et à des baisses constatées de ci delà dans les financements d’État et de collectivités. L’énergie dépensée chaque jour afin de trouver des stratégies pour poursuivre nos actions au service des plus démunis et éviter le licenciement de salariés qui œuvrent au quotidien et avec passion afin de limiter les effets néfastes de la misère sociale, devient difficile à trouver….
    Les pouvoirs publics au delà de leur devoir de contrôle des crédits alloués (important pour tous), doivent à mon sens trouver le moyen de conforter et amplifier des actions qui fonctionnent et qui sont “vitales” pour maintenir un équilibre, une équité et un lien social, et contribuent à une certaine “paix sociale”. Nous sommes tous fatigués de lutter, alors que tous les jours nos bénéficiaires saluent ces dispositifs et renvoient à quel point leur réinsertion n’aurait pas été possible si une action comme la nôtre n’avait pas existé. Alors on nous répond que les caisses sont vides! Je le concède sans souci…Mais, demain, lorsque notre pays ne pourra même plus apporter (comme c’est déjà le cas parfois) aux plus fragiles de notre société le minimum vital (un toit, à manger et la possibilité d’être acteur de sa vie), que dirons-nous, que ferons nous? La solidarité et l’action sociale sont des investissements de longue durée, sans effets visibles à court terme….Alors arrêtons de réfléchir en mandats électoraux et faisons de cette thématique une cause nationale, au delà des compétences, au delà des étiquettes politiques…(enfin pas toutes!) et ensemble travaillons pour que nos concitoyens aient un petit espoir de sortir de cette souffrance! Le monde associatif qui défend des valeurs, un savoir faire professionnel doit être soutenu et ne doit pas quémander pour mener des actions nécessaires et d’utilité publique! Merci Mme THEROUIN, cela nous donne de l’énergie pour continuer….Vous nous avez renvoyé lors de votre venue à un de nos comités de suivi que vous avez reçu plein d’espoir. Et bien c’est ce que nous nous évertuons à faire tous les jours. Tous les jours nous essayons de réfléchir à nos pratiques, les questionner, sans cesse à les faire évoluer pour s’adapter à des problématiques et des publics qui évoluent. Alors oui votre aide nous est précieuse. Cette tirade n’a pas l’objectif d’incriminer qui que ce soit, car je suis persuadée que chacun de sa fenêtre essaye de faire au mieux. Elle est juste le constat d’une certaine réalité, vécue dans un service, d’une association amiènoise.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>