Après les violences urbaines des quartiers Nord, ce que j’ai dit au ministre de la Ville en visite à Amiens

Le ministre délégué en charge de la politique de la Ville était hier en visite officielle à Amiens, suite aux graves violences urbaines qui ont émaillé les quartiers Nord.

Après des rencontres avec des habitants, des associations, des entrepreneurs, les bailleurs aux quartiers Nord et Etouvie, François Lamy a participé à une plénière présidée par le préfet de la Somme, réunissant élus locaux et services de l’État, autour de la coordination intergouvernementale de la politique de la ville. Au programme : rénovation urbaine, politique de la ville, réussite éducative, santé, sécurité.

Pour ma part, je suis intervenue lors des échanges sur la prévention de la délinquance et la sécurité, aux côtés du directeur de la sécurité publique et du procureur adjoint. Voici ce que j’ai dit au ministre :

Les événements de la semaine passée ont rappelé avec fracas et violence toute la fragilité du bien commun qu’est la sécurité de nos concitoyens.
Lire la suite

Amiens Nord déclaré zone de sécurité prioritaire : une méthode de travail dans l’attente de renforts policiers…

Le quartier d’Amiens nord figure dans la liste des quinze premières zones de sécurité prioritaires (ZSP) dévoilée hier. Si nous ne pouvons pas nous réjouir de figurer dans ce classement ciblant des territoires marqués par des “actes de délinquance ou d’incivilités structurellement enracinés“, nous ne pouvons que saluer cette décision ministérielle.

Conformément aux engagements du Président de la République, il s’agit de réaffirmer le retour de l’État garant de la sécurité. Le Premier ministre et le ministre de l’Intérieur ont  récemment annoncé vouloir stopper l’hémorragie dans les effectifs de police orchestrée par la RGPP. La suppression de quelques 12 000 postes sous le précédent quinquennat  a également touché la circonscription de police d’Amiens. Ainsi, une vingtaine de fonctionnaires du service de sécurité et de proximité n’ont pas été remplacés, ce qui équivaut peu ou prou à six à sept patrouilles par jour qui ont disparu de notre ville, alors même que les Amiénois souhaitent une présence quotidienne et “normalisée” de la police dans les quartiers.

C’est pourquoi nous attendions de pied ferme l’annonce d’un renforcement des effectifs de police, notamment par la fidélisation d’une compagnie départementale d’intervention rodée aux violences urbaines. La mise en place d’une zone de sécurité prioritaire à Amiens nord ne se traduira pas par des renforts immédiats.

Au-delà d’une présence policière renforcée à moyen terme, il s’agit d’instaurer dès septembre des méthodes de travail pragmatiques, évaluables, partenariales, et c’est tant mieux ! La sécurité n’est pas qu’une affaire de police, c’est avant tout la mobilisation des différentes autorités. Depuis quatre ans, je me démène avec mes collaborateurs pour reconstruire une action publique exigeante et réaliste en matière de prévention de la délinquance et de sécurité : retour d’une police municipale de proximité, professionnalisation de la municipale, doublement des effectifs dans les postes de quartier, refonte du partenariat avec la police et les autres institutions, diffusion d’un guide de la sécurité, recrutement d’agents locaux de médiation sociale… Pourtant, je n’arrive plus à décompter les bâtons mis dans les roues et autres parasitages. Nous ne pouvons pas laisser nos concitoyens être des victimes collatérales des incompatibilités d’humeur des uns ou des a priori politiciens des autres. Je salue la méthode Valls, conceptualisée par Alain Bauer : “on quitte la théologie pour le pragmatisme“.

Dès lundi, je serai aux côtés des autorités préfectorales et judiciaires pour affiner le périmètre de la ZPS d’Amiens Nord, les trois objectifs prioritaires de notre action et les indicateurs de résultats, indispensables à l’évaluation préalable à la généralisation du dispositif sur le territoire. Lire la suite

Prévention de la récidive : Amiens métropole soutient l’APREMIS

Le conseil d’agglomération du 5 juillet a adopté à l’unanimité une subvention du Conseil intercommunal de sécurité et de prévention de la délinquance pour soutenir deux actions conduites par l’association APREMIS. Il s’agit de l’accompagnement de mineurs délinquants et de leur famille via les entretiens familiaux et les ateliers parentaux ; il s’agit également de soutenir l’atelier “temps de vie, d’échanges et de médiation” pour les personnes placées sous main de justice ou en placement extérieur.

Pour avoir assisté aux retours d’expérience de ces ateliers, cette délibération fut l’occasion de rappeler l’importance de ces actions menées par l’APREMIS avec le soutien des collectivités et de l’État, qui contribue fortement à la réinsertion des délinquants, indispensable à une action efficace en matière de sécurité.

Or, le placement extérieur des détenus au sein de l’association se trouve menacé à Amiens. Lire la suite

Évaluation de la vidéosurveillance à Amiens : vers une communication des conclusions en septembre

Réponse à une question orale de l’opposition Mon parti c’est Amiens sur la communication de l’évaluation de la vidéosurveillance – Conseil municipal du 28 juin 2012. 

Madame Bougon, Chers collègues,

Je vous remercie d’avoir posé cette question qui nous donne l’occasion d’introduire quelque peu les débats suivants sur la zone prioritaire de sécurité répondant à la demande de sécurité croissante et de nos concitoyens et la question de l’adéquation des moyens mobilisés pour y répondre. Je partage votre impatience concernant l’avenir de la vidéosurveillance sur la voie publique à Amiens.

Non contents d’avoir instauré en 2008 un moratoire sur l’extension du dispositif en l’état, la municipalité a souhaité engager une étude indépendante relative à l’efficience de la vidéosurveillance, à un moment où l’évaluation des politiques publiques de sécurité et de prévention de la délinquance n’était pas vraiment dans l’air du temps. Rappelons au passage qu’Amiens s’était dotée sous le précédent mandat de 48 caméras – installées pour plus de la moitié en hyper centre-ville -, ce qui nous place à la très bonne 23ème place des grandes villes vidéosurveillées, avec 1 caméra pour 2 800 habitants.

 

En 2009, nous avons publié un premier appel d’offres qui fut malheureusement déclaré infructueux. En 2010, nous avons donc relancé un appel d’offres présentant un cahier des charges plus précis concernant nos attentes. Un cabinet indépendant, Althing pour ne pas le citer, remporta alors le marché. L’étude fut conduite, non sans mal, entre 2010 et 2011. Les derniers éléments nous sont parvenus fin 2011 ; le rapport final fut présenté au maire en décembre dernier.

Très enthousiasmée à l’idée de partager les conclusions de l’étude et de décider de l’avenir de la vidéosurveillance dans notre ville, mon ambitieux calendrier prévoyant une communication début 2012 fut contrarié, puisqu’il m’a été suggéré de ne pas polluer les campagnes électorales successives. Message reçu 5 sur 5.

Les élections présidentielles et législatives étant désormais derrière nous, nous pouvoir désormais envisager de débattre sereinement d’un des dossiers les plus emblématiques sans doute de ce mandat, pour ainsi engager une politique de prévention de la délinquance volontariste et plus pragmatique.

Enfin, je peux vous informer que nous présenterons l’étude in extenso en commission Démocratie, solidarité, écologie, et que nous aurons le débat lors du conseil municipal du 20 septembre prochain.

La question orale de l’opposition : Lire la suite

Le futur de la prévention en débat à l’Assemblée nationale

Le Forum français pour la sécurité urbaine organise à l’Assemblée nationale les 27 et 28 juin 2012 un colloque autour du futur de la prévention.

En proposant un focus sur la loi de 2007 qui rencontre toujours des “difficultés d’application”, le Forum proposera son analyse du dispositif Stratégie Territoriale de Sécurité et de Prévention de la Délinquance qui a remplacé les contrats locaux de sécurité. Ce dispositif reste complexe à mettre en œuvre entre les élus et leurs partenaires, représentants de l’État, et complique parfois les modes de gouvernance.
Le FFSU considère que la stratégie territoriale est une opportunité pour le maire d’inscrire la prévention de la délinquance dans des objectifs plus généraux et dans un document politique, global et durable.

Trois tables rondes composées d’élus, d’acteurs de terrain et d’universitaires sont proposées autour des thèmes suivants: “Stratégie territoriale et agenda 21″, “Les femmes et la sécurité”, “Stratégie territoriale et polices“, lors de laquelle j’interviendrai.

Je présenterai à cette occasion mes propositions pour la définition d’une doctrine d’emploi des polices municipales, à l’aune d’une future gouvernance locale de la sécurité.

—- Programme sur le site du FFSU —- Article de la Gazette des communes suite à mon intervention

Amiens et L’îlot accueillent la ville d’Aubervilliers : échanges d’expérience autour de la réinsertion des ex-détenus

Aujourd’hui, j’ai eu le plaisir d’accueillir une délégation de la ville d’Aubervilliers autour de la réinsertion des personnes sortant de prison.

Il y a quelques semaines, le maire d’Aubervilliers me contactait pour en savoir plus sur  L’îlot, implanté à Amiens sur plusieurs sites. Jacques Salvator m’a alors fait part de la vive opposition des habitants de sa commune quant à un projet d’implantation par l’association d’un centre accueillant des ex-détenus. Comprenant les inquiétudes des futurs riverains, j’ai proposé à mon collègue d’accueillir une délégation à Amiens.

Albertivillariens, élus et techniciens de la commune ont pu échanger longuement avec les responsables de L’îlot, des policiers municipaux, des riverains du centre d’hébergement la Passerelle. Nous avons ensuite visité les ateliers d’insertion situés sur la zone d’activités de Montières. Nous avons achevé la matinée en déjeunant au restaurant d’insertion.

L’îlot est présent à Amiens depuis 1979. Aujourd’hui, l’association gère une centaine de salariés sur quatre sites : un foyer de vie et de stabilisation pour hommes (Augustins), un centre d’hébergement d’urgence (Passerelle), un centre d’hébergement et de réinsertion sociale pour familles et femmes seules (Thuillier) et des ateliers formation (Montières).

Lire la suite

Armement généralisé des policiers municipaux: n’occultons pas les vraies raisons du malaise

Tribune cosignée avec Michel Marcus, magistrat honoraire, expert en sécurité urbaine, publiée le 10 avril 2012 dans le Huffington Post. 

france

La grève des policiers municipaux toulousains qui, après la levée du plan Vigipirate écarlate, ont refusé d’être désarmés en journée, a suscité un écho inédit dans la presse ces derniers jours. Le traumatisme des attaques terroristes de Toulouse et de Montauban y est bien sûr pour beaucoup. Mais nous aurions tort de ne pas voir dans cette crise la manifestation d’un malaise plus profond qui traverse la profession/le corps.

Il s’agit là d’une nouvelle manifestation du manque de reconnaissance des policiers municipaux et de l’absence d’une doctrine claire en matière de gouvernance locale de la sécurité.

En terme de reconnaissance, force est de constater que les agents de police municipale sont trop souvent réduits à de simples supplétifs des fonctionnaires de police et des gendarmes. Lire la suite

Petite histoire de la vidéosurveillance à Amiens

Il était une fois une belle et grande ville de 137 000 habitants qui s’appelait Amiens.

Tout commença en 1980 où 16 caméras furent installées pour surveiller les flux de véhicules sur les grands axes de circulation. En 1989, les débats sur la propreté et la sécurité monopolisèrent les thèmes de campagne des élections municipales, qui conduisirent Gilles de Robien à la victoire.

Au début des années 1990, 10 nouvelles caméras viendront “protéger” l’hôtel de ville puis les postes de police municipale nouvellement mise en place.

La loi du 21 janvier 1995 règlementant les dispositifs de vidéosurveillance de voie publique combla le vide juridique creusé par la multiplication des dispositifs illégaux de vidéosurveillance qui fleurirent partout en France. Cette loi dite d’orientation et de programmation relative à la sécurité s’articule autour d’un principe de proportionnalité, entre renforcement de la sécurité en contrepartie d’une atteinte aux libertés fondamentales avec quelques garanties : information du public, accès aux images, etc.

En 2001, 24 nouvelles caméras furent installées en centre-ville d’Amiens pour accompagner la piétionisation. Les caméras de vidéosurveillance visent alors à sécuriser l’espace public et à gérer les accès véhicules sur l’hyper-centre, via la supervision des bornes d’accès aux voies piétonnes… Le projet fut d’ailleurs porté par le service patrimoine/bâtiment. Les images recueillies arrivaient dans un centre de supervision urbaine, rattaché au service Assistance prévention sécurité, appelé plus couramment “police municipale”.

Lire la suite

Grands frères et médiation sociale : ça va mieux en le disant (suite & fin)

Ce matin, quelle ne fut pas ma surprise à la lecture de mon quotidien préféré me prêtant des propos par lesquels j’aurais assimilé à plusieurs reprises grands frères et caïds…  J’affirme n’avoir jamais souhaité entretenir la confusion entre caïds et grands frères en présentant le nouveau service municipal de médiation sociale.

Quand j’utilise le vocable caïd, c’est pour dénoncer les méthodes, et autres pressions, de certains sur les chantiers de rénovation urbaine, cela semble déranger ! Ce qui n’a strictement rien à voir avec mes propos sur les grands frères et l’arrivée des agents locaux de médiation sociale.

Si j’ai par contre évoqué la fin de la période des grands frères à Amiens, comme d’ailleurs partout en France, c’était bien pour convaincre de la nécessité d’une médiation professionnalisée et pleinement assumée par la ville.

La vraie question est : à qui peut bien profiter le déni systématique d’initiatives municipales veillant à garantir plus de tranquillité dans notre ville ? En tous les cas, pas aux Amiénois !

Je persiste et signe : toutes les bonnes volontés sont les bien venues pour concourir à prévenir la délinquance, résoudre les conflits par le dialogue.

Grands frères et médiation sociale : ça va mieux en le disant.

“Grands frères” et médiation sociale : ça va mieux en le disant

En indiquant “adieu les grands-frères” sur un précédent billet annonçant la création d’un service municipal de médiation sociale a choqué et heurté certains “Anciens”. J’en suis navrée et en prends acte, en enlevant cette expression du post.

Ces propos maladroits avaient vocation à interpeller sur l’absence de prévention sociale portée par la municipalité, et en aucun cas remettre en cause l’action des “grands frères”, passée ou actuelle.
Pour moi, la médiation sociale doit être reconnue à part entière. C’est d’ailleurs ce que préconise le Comité interministériel des villes, ou encore, certains candidats à l’élection présidentielle.

Toutes les bonnes volontés sont les bien venues pour concourir à prévenir la délinquance, résoudre les conflits par le dialogue.
Je le répète, je me refuse à faire tapis rouge à des “initiatives” sous la pression ou à des fins partisanes. C’est bien l’intérêt général qui doit guider notre action.