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Le blog d'Emilie Thérouin

40 000 cartouches par an dans la Somme

Imposant camion d'une valeur de 700 000 euros sillonnant le pays, le stand mobile de tir de la Police nationale était de passage cette semaine à Amiens. J'ai pu assister à une séance d'entraînement de fonctionnaires de police de la Somme.

Quel que soit le grade (contrôleur, commissaire, officier, gardien, adjoint de sécurité...), chaque policier tire 30 cartouches trois fois par an. Pour la BAC (Brigade anti-criminalité), ce sont même six exercices par an qui sont imposés.

Ces exercices réguliers conjuguent mises en situation et maîtrise des gestes de sécurité.

La méthode d'entraînement, appelée drill, consiste en une répétition de gestes permettant de créer des réflexes "conditionnés", y compris en situation de stress intense. Une erreur dans le déroulement de ces gestes de sécurité est tout bonnement éliminatoire pour nombre d'examens ou de concours.

Lors de ma visite, j'ai pu apprécier le sérieux et le professionnalisme des policiers qui s'exerçaient, ainsi que l'expertise des instructeurs moniteurs de tir.

Mais si, dans la Police nationale, l'utilisation des armes est conditionnée à la parfaite maîtrise des gestes de sécurité, je sais que les communes n'ont pas les moyens humains et techniques d'assurer un tel encadrement de l'usage des armes à feu.

Tout cela me conforte donc dans l'idée que c'était une erreur, dès 2000, d'autoriser le port des armes à feu par les policiers municipaux.
De la même manière, le Flash-ball et le Taser n'ont pas vocation à être utilisés par les polices municipales : il s'agit également d'armes, qui supposent également un encadrement strict qu'une commune ne saurait garantir. Soyons sérieux !

De l'utilité d'une évaluation indépendante de la vidéosurveillance sur la voie publique à Amiens

L'adoption en première lecture de la LOPPSI 2 (Loi d'orientation et de programmation pour la performance sur la sécurité intérieure), les programmes électoraux des listes UMP aux régionales et les réactions aux faits divers participent de la surenchère permanente autour de la vidéosurveillance.

La croyance irrationnelle au pouvoir de la technologie permet de faire oublier l'absence d'efficacité d'un dispositif présenté comme une solution miracle aux maux de notre pays, de nos villes et de nos régions.

Le débat sur la LOPPSI 2 est venu mettre en lumière un changement de braquet de l'Etat. D'autorité protectrice des libertés qui encadrait la vidéosurveillance, l’Etat s'en fait désormais le promoteur, via la gestion déléguée aux collectivités. Philippe Melchior, président du Comité de pilotage stratégique pour le développement de la vidéoprotection, parle ainsi d'un Etat qui « facilite ».

Face aux investissements considérables des collectivités locales en la matière, il est temps de se doter d'outils intellectuels éclairant les responsables politiques.

La précédente municipalité d’Amiens avait dans ses cartons un projet coûteux d’extension à 100 caméras du dispositif existant (1 million d’euros). Les Verts avaient obtenu de leurs partenaires de gauche en 2008 un moratoire à ce sujet.

Au-delà des engagements de campagne, il m’a semblé nécessaire d’aller plus loin, alors même que nous ignorons si les caméras déjà installées ont une quelconque efficacité. J’ai donc décidé de lancer la première évaluation indépendante de France sur un dispositif de vidéosurveillance sur voie publique.

Après un premier appel d’offres infructueux (été 2009), nous avons précisé nos exigences méthodologiques (pluridisciplinarité des consultants, pilotage opérationnel de l’étude…) dans un nouveau cahier des charges.

 Extrait du cahier des charges

Réalisation d'une évaluation opérationnelle, technique, juridique et financière de l'actuel système de vidéosurveillance urbaine.
Le titulaire devra analyser l'adéquation de la stratégie de la municipalité sur les questions relevant des politiques de prévention urbaine et des outils actuels en particulier la vidéosurveillance.
L'intervention du titulaire devra aboutir à la présentation de propositions concrètes, directement et immédiatement exploitables par la Ville, qui ne devra exclure aucune hypothèse notamment celle de modifier, de réduire, de suspendre, d'élargir ou même d'abandonner l'exploitation du système si son utilité, sa pertinence, son efficience, son efficacité ne pouvaient être démontrées ou se révéler sans commune mesure avec ses coûts d'entretien et d'exploitation.

Nous avons reçu 6 offres, qui seront étudiées cette semaine. L’évaluation devrait durer 6 mois. Rendez-vous donc fin 2010 pour les conclusions...


Cahier des charges à télécharger :
Evaluation vidéosurveillance urbaine Amiens

Démocratie 2.0 : je publie, je réfléchis !

La campagne des élections régionales rappelle brutalement aux responsables (et aspirants) politiques les dangers de la Démocratie 2.0.

Ainsi en Picardie ce n'est autre que le directeur de cabinet du Président du conseil régional qui insulte la tête de liste UMP sur un groupe Facebook. Une fois de plus, Les Picards ne font donc railler à Paris et le débat politique n'en sortira pas grandi.

Si je me suis souvent posée bien des questions quant à la pertinence et l'usage même de ces outils (Facebook, wiki, blogs...), je me suis résolue à tenir un blog. Certes, c'était sans doute déjà passé de mode.
Il s'agissait pour moi de fournir sans prétention un bilan de mandat permanent, loin de la "réunionite" des appareils ou de la sainte démocratie participative.

Un récent billet sur les transports m'a attiré les foudres de collègues et du Maire d'Amiens, qui n'auraient pas trouvé ma ligne éditoriale très "unie et solidaire". Soyez rassuré-e-s, quand je publie, je réfléchis.

Assaillie de plaintes causées par l'absence de droit à l'oubli sur internet, la CNIL alerte régulièrement l'opinion publique et, plus particulièrement les jeunes à un usage responsable et vigilant d'internet. Un serious game, 2025 exmachina,vient d'ailleurs d'être développé en direction des 16-25 ans.

Les ados ne sont pas les seuls concernés. Aussi, certains collègues élus n'hésitent pas à publier sur leur page Facebook des photos très perso ou encore des gueuletons indécents. Monsieur le Maire, à quand un séminaire de majorité avec une intervention de la CNIL ?

Traque sur le net

Paris, Lyon, Marseille, Bordeaux, Montpellier, Nantes, Toulouse. Depuis quelque temps nous voyons fleurir de mystérieux sites sur internet. Ils ont tous un nom de domaine de la forme suivante : http://video-surveillance-NOM D'UNE VILLE.fr.

Tout laisse penser qu'il s'agit de sites officiels, sans doute d'honorables communes souhaitant informer leurs concitoyens de l'existence d'un dispositif de vidéosurveillance.

Il n'en est rien. 

Même graphisme, absence de liens vers le site "officiel" des communes, faits divers, promotion de la vidéosurveillance en général sans rapport avec son efficacité réelle tiennent lieu d'"informations".
En cherchant un peu qui se cache derrière cette vitrine, nous avons découvert qu'il s'agissait d'une seule entreprise. Et devinez ce qu'elle vend ? De la vidéosurveillance, pardi ! Elle se présente même comme leader du marché...

Cela va sans dire, nous avons pris nos dispositions à Amiens pour que nous ne retrouvions pas avec un site faux-nez sur la vidéosurveillance amiénoise.
 

La vidéosurveillance et le temps de cerveau disponible


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Les intellos ont le cerveau. Les stupides ont les couilles.

Cavité St Maurice : voilà de quoi combler les élus

Intervention en conseil municipal du 28 janvier 2010.

Il s’agit d’un rapport qui va intéresser au plus haut point les conseillers municipaux, puisque des élus locaux et autres parlementaires patentés se sont émus de l’existence de cavités sur le territoire d’Amiens. Leur désarroi pourra sans aucun doute être comblé par la récente publication du Document d’information sur les risques majeurs, qui a vocation à faire informer les Amiénois de façon objective sur la réalité des risques majeurs, leur prise en charge, chasser les appréhensions en quelque sorte. 

 Ce dossier a pour objet de financer le comblement partiel de la cavité St Maurice. Certains se sont interrogés sur le choix de la cavité : pourquoi St Maurice ? Pourquoi pas Monstrelet ou Citadelle ?

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Retour des bus en centre-ville d'Amiens : maintenant, fini de rigoler !

Depuis le 4 janvier, la police municipale assurait des points fixes pour réguler la circulation en hyper centre-ville. La semaine dernière, nous avions décidé de prolonger exceptionnellement la mission aux heures les plus critiques (7h30-9h et 16h30-19h). 

Des aménagements temporaires ont été installés et la signalétique suivra. Des bornes amovibles seront réceptionnées d'ici 3 (longs) mois.

Si le nouveau plan de circulation commence à entrer dans les mœurs amiénoises, l'excès de zèle couplé au manque de civisme ont marqué le mois de janvier.

A partir du 1er février, la phase de pédagogie est bel et bien achevée. Nous passerons dans la phase coercitive, et sans état d'âme.

De la prise en compte des risques majeurs à Amiens

Il n'est pas exagéré d'affirmer que l'ancienne municipalité - ayant administré Amiens pendant 19 ans - s'est distinguée par son retard accumulé en matière de gestion des risques majeurs. Nous nous attelons à "combler" les carences. De nombreux projets nous attendent en 2010, avec l'adoption du Plan communal de sauvegarde ou encore l'acquisition d'un automate d'alerte à la population.

Le rapport sur le comblement de cavités que je présenterai en conseil municipal ce jeudi 28 janvier, en donnera une nouvelle illustration.

Là où le ciel était toujours bleu à Amiens, une rubrique "risques" apparaît désormais sur le site de la collectivité. Il s'agit d'une version longue et actualisée en continu du Document d'information communal sur les risques majeurs.

Puisqu'il a vocation à être décliné par les autres communes volontaires de l'agglomération, le DICRIM sera présenté lors de la commission Développement durable d'Amiens Métropole qui aura lieu ce soir.  

Le DICRIM sera par ailleurs diffusé aux agents de la collectivité avec la lettre d'information mensuelle. Rappelons que si les agents sont exposés aux mêmes risques que les habitants, ils sont surtout de potentiels acteurs d'une éventuelle gestion de crise, prévue dans le Plan communal de sauvegarde (PCS) en cours d'élaboration.

On ne peut que se féliciter des retours extrêmement positifs suite à la ventilation du DICRIM auprès du grand public. Seule seule ombre au tableau : au lieu d'être encartée dans le mensuel municipal Amiens Forum, la jolie plaquette s'est retrouvée (malencontreusement?) au milieu des pubs... Et après, on va dire que je ne suis jamais contente !

Retour des bus dans le centre-ville d'Amiens : la police municipale en première ligne

Depuis 15 jours, quatre lignes de bus desservent à nouveau l'hyper centre-ville d'Amiens. A la clé, un nouveau plan de circulation et du grand bazar !

A l'instar du réaménagement de la route d'Abbeville, la police municipale a répondu "présente" pour faire preuve de pédagogie, avant de passer dans un second temps dans une phase de sanction.

Des couloirs spécifiques bus/vélo ont été délimités sur les principaux axes de l'hyper centre. Les automobilistes et usagers des 2 roues motorisés doivent donc aller voir ailleurs. Le point noir se situe place René Goblet, désormais traversée uniquement par les bus et les vélos.

A l'angle des rues des Otages et des Jacobins, les policiers municipaux sont postés depuis 2 semaines au cœur du désordre et du chaos automobile. L'agacement, la nervosité sont au rendez-vous. Les insultes pleuvent. L'agressivité est bien présente à l'encontre de nos agents. Et c'est peu dire ! Dès le premier jour, une fonctionnaire a essuyé un refus d'obtempérer avant de se faire littéralement foncer dessus. Une plainte a bien entendu été déposée… La bienséance m’oblige à taire la profession du mis en cause.

Ainsi, nombre de mésaventures remontent via la main courante que remplissent les policiers municipaux. Ces remontées de terrain nous sont précieuses, puisqu'y sont également consignées des préconisations en termes d'aménagements et de sens de circulation. A partir de ces observations, les services de la Ville ont toutes les clés en main pour parfaire ce nouveau plan de circulation, avec la signalétique et les aménagements qui vont avec...
Certes, les mauvaises conditions climatiques ont empêché la pose de bornes empêchant matériellement aux automobilistes de forcer le passage. En attendant, nous sommes contraints de prolonger encore d'une semaine cette mission chronophage, qui se fait au détriment de la police de proximité.

La police municipale essuie donc les plâtres d'une décision hâtive et mal ficelée techniquement : le retour des bus en centre-ville... au milieu des voitures.

Le bon sens écologique et politique préconisait un contournement du centre-ville par les boulevards intérieurs pour les voitures, laissant seuls les modes alternatifs accéder au cœur de la ville.

La révolution écologique à Amiens, ce n’est pas pour tout de suite !

De la "criminalisation" des luttes sociales

Le 13 janvier, le procès en appel des six prévenus de l'entreprise Continental (Clairoix, dans l'Oise) a mobilisé sur Amiens plusieurs centaines de soutiens divers et (a)variés.

En marge du procès, j'ai été invitée à un débat sur la "criminalisation des luttes sociales", auquel j'ai été conviée, aux côtés d'un faucheur et d'une militante anti-pub. Karima Delli, députée européenne Europe Ecologie, intervenante également, est restée témoigner à la barre. 

Voici quelques réflexions remettant en cause cette thèse de la criminalisation des luttes qui ont été soumises à la critique acerbe du public...

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François Dufour relaxé en appel pour refus de prélèvement ADN

La Cour d'appel de Caen a confirmé en début de semaine la relaxe prononcée par le Tribunal correctionnel d'Avranches de Pierre Jarre et François Dufour, agriculteur, fondateur d'Attac, qui mène la liste Europe Ecologie en Basse-Normandie.

Ces faucheurs volontaires étaient poursuivis suite à la saisine du Parquet pour avoir refusé un prélèvement ADN, après avoir détruit un champ de maïs transgénique en 2004.

La Cour a pu s'appuyer sur l'article 1er de la Convention de Sauvegarde des Droits de l'Homme et des Libertés Fondamentales, qui stipule que les Etats et leurs juridictions s'engagent à respecter les Droits humains. 
Le fichier national automatisé des empreintes génétiques centralise les traces et empreintes génétiques concernant les infractions suivantes :


1° Les infractions de nature sexuelle visées à l'article 706-47 du Code de procédure pénale ainsi que le délit prévu par l'article 222-32 du Code pénal (exhibition sexuelle) ;

2° Les crimes contre l'Humanité et les crimes et délits d'atteintes volontaires à la vie de la personne, de torture et actes de barbarie, de violences volontaires, de menaces d'atteintes aux personnes, de trafic de stupéfiants, d'atteintes aux libertés de la personne, de traite des êtres humains, de proxénétisme, d'exploitation de la mendicité et de mise en péril des mineurs, prévus par les articles 221-1 à 221-5, 222-1 à 222-18, 222-34 à 222-40, 224-1 à 224-8, 225-4-1 à 225-4-4, 225-5 à 225-10, 225-12-1 à 225-12-3, 225-12-5 à 225-12-7 et 227-18 à 227-21 du Code pénal ;

3° Les crimes et délits de vols, d'extorsions, d'escroqueries, de destructions, de dégradations, de détériorations et de menaces d'atteintes aux biens prévus par les articles 311-1 à 311-13, 312-1 à 312-9, 313-2 et 322-1 à 322-14 du Code pénal ;

4° Les atteintes aux intérêts fondamentaux de la nation, les actes de terrorisme, la fausse monnaie et l'association de malfaiteurs prévus par les articles 410-1 à 413-12, 421-1 à 421-4, 442-1 à 442-5 et 450-1 du Code pénal ;

5° Les délits prévus par les articles L. 2353-4 et L. 2339-1 à L. 2339-11 du Code de la défense ;

6° Les infractions de recel ou de blanchiment du produit de l'une des infractions mentionnées aux 1° à 5°, prévues par les articles 321-1 à 321-7 et 324-1 à 324-6 du Code pénal.

Dans le cadre des mouvements sociaux et de leur supposée "criminalisation", le fait de manifester n’est pas une cause de fichage ADN… c’est un droit fondamental et non une infraction. Les interpellations se font dans le cadre de délits (dégradations, menaces de violences …). Le fichage ADN suit alors. Le refus de se soumettre au prélèvement est réprimé par la loi française.

Il n'y a plus qu'à espérer une jurisprudence "François Dufour".


Le Document d'information communal sur les risques majeurs enfin publié !

Les polémiques actuelles sur la gestion nationale et locale de la pandémie grippale H1N1 nous rappellent que l’amateurisme n’a pas sa place dans la gestion des crises. Bien gérer une crise, c’est s’y préparer. Il vaut donc mieux être bien informés !

Les services de l’Etat et les communes sont au cœur de la prévention des risques majeurs. C’est pourquoi, le Maire se doit d’informer ses administrés.

C’est désormais chose faite à Amiens grâce à la publication du Document d’information communal sur les risques majeurs (DICRIM).
Ce document présente de façon claire les risques existants sur le territoire ainsi que les mesures prises : inondations, cavités souterraines, risques technologiques, transports de matières dangereuses, transports de déchets nucléaires…

Comme bien d’autres communes, Amiens a pris beaucoup trop de retard dans la prévention et la gestion des risques.  Ces hésitations ne peuvent que laisser la place aux fantasmes et aux peurs, que n’ont pas manqué d’instrumentaliser certains (ex) élus locaux en perte de vitesse et autres parlementaires agités.

Au-delà du simple respect des obligations légales, nous œuvrons plus que jamais en faveur de la gestion des risques au sein de notre administration avec le service Gestion des risques.

2009 a été l'année de la sensibilisation à marche forcée aux risques et à la gestion de crise de mes collègues élus et autres fonctionnaires récalcitrants. Force est de reconnaître que la grippe A a au moins eu ce mérite !

DICRIM Amiens.pdf



La vidéosurveillance n'échappe pas au greenwashing

Qui a dit il s'agit d'"une solution écologique pour les utilisateurs qui sont sensibles aux grands enjeux environnementaux et se sont engagés à consommer moins d'énergie" ? Nicolas Sarkozy ? Claude Allègre ? Claude Gewerc ?

Raté. Honeywell, une société américaine qui commercialise une caméra dôme qui se targue de ne consommer plus que 15 watts/heure.

Fortement soutenu par le service d'information du Gouvernement, le marché de la vidéosurveillance représente près d'un milliard d'euros. Il ne pouvait échapper à la vague du greenwashing.

Florilège.
Un mobilier urbain présentant une caméra et un panneau solaire, par Anaveo. Des mats d'éclairage et de vidéosurveillance coiffés à votre convenance d'éoliennes ou de panneaux solaires, par Azuly. Plus besoin de Centre de supervision urbain (CSU) avec une nouvelle organisation du réseau proposée par Lucéor, où chaque caméra est dotée d'un disque dur.

C'est peut-être cela "l'écologie populaire" dont parle le Président de la République ?

L'affaire Brenntag ou comment se faire refourguer un 4e site SEVESO à Amiens

Brenntag n’est pas inconnue sur la place amiénoise. L’entreprise dispose actuellement d’un site de stockage de produits chimiques, site classé SEVESO seuil bas. 

En 2006, Brenntag dépose un permis de construire pour transférer son site de Sartrouville sur la ZI Nord : un entrepôt de 80 000 m3 d’acides très dangereux. Le groupe souhaite quitter la région parisienne pour fuir une urbanisation croissante.

A la clé : le transfert de 9 emplois à 500m de la sphère d’ammoniac d’Ajinomoto, site SEVESO le plus dangereux d'Amiens.

Le développement économique s'oppose régulièrement aux principes de précaution et de prévention qui prévalent en matière de risques majeurs.

Si cette nouvelle installation va surtout augmenter considérablement le transport de matières dangereuses, elle comporte un intérêt économique tout relatif. Il s'agit d'activités logistiques, sans aucune valeur ajoutée locale, et qui vont de surcroît bloquer le développement des autres entreprises limitrophes.

Le calcul coût environnemental/avantages était vite fait.

En réunion d'exécutif comme en commission, j’ai exprimé mon refus d’y apposer un avis favorable, même avec réserves. Parallèlement, nous avions pu jouer la montre pendant 3 mois en bloquant le permis de construire, arguant de l'élaboration sous l'égide de ma Préfecture d'un Plan de prévention des risques technologiques sur le site.

Le Maire retira son examen de l’ordre du jour du conseil municipal de juin 2008. 

Le permis de construire sera signé quelques semaines plus tard dans la plus grande discrétion...

Début 2010, un quatrième site SEVESO seuil haut s’installera définitivement à Amiens.

Halte aux violences faites aux femmes : la Police municipale d'Amiens s'engage pour les droits au quotidien

Dans le cadre de la Journée internationale de lutte pour l’élimination des violences à l’égard des femmes, qui aura lieu le 25 novembre prochain, la délégation Lutte contre les discriminations-Egalité des droits se mobilise en menant des actions de sensibilisation et de prévention dans les quartiers d'Amiens du 23 novembre au 27 novembre 2009.

Ces actions sont menées avec différents partenaires associatifs et institutionnels, comme le Centre d'informations sur les droits des femmes et des familles, le Centre d'information et de dépistage des infections sexuellement transmissibles, l'Union départementale d'accueil et d'urgence sociale, les associations AGENA, Femmes solidaires, Femmes en mouvement, L'un et l'autre, Initi'elles, SOS Violences en privé.

Naturellement, la Police municipale s'y associera, en mobilisant des îlotiers volontaires - hommes et femmes - sur les 4 secteurs. Les agents tiendront des permanences, notamment au sein des lycées.

Depuis le début de l'année dans la Somme, la police a effectué pas moins de 374 interventions pour violences conjugales.


Le déport occasionnel de la vidéosurveillance ou le refus du Maire shérif


Intervention en conseil municipal, 12 novembre 2009, délibération portant déport des images de la vidéosurveillance au Centre de commandement et d’information de la Police nationale.


Cette délibération a pour objet la signature d’une convention avec l’ACSE, qui gère le Fonds interministériel de prévention de la délinquance.
Alors, nous n’allons pas parler ici de prévention de la délinquance, mais bien de vidéosurveillance.

Vous le savez, Amiens a été l’une des premières villes à installer des caméras de vidéosurveillance, au départ, sur les voies de circulation, puis concentrées en hyper centre-ville, elles sont au nombre de 48. Comme partout en France, la vidéosurveillance a été présentée comme un outil de prévention de la délinquance, dissuasif, prévenant les risques d’attentats, les désordres urbains, mais à vocation d’identification dans un cadre judiciaire. Le principal objectif était finalement de rassurer les administrés... sans pour autant en informer le public.

Dans les faits, aujourd'hui le système de vidéosurveillance de la ville d'Amiens semble servir  quasi exclusivement à la gestion des espaces publics (accès aux voies piétonnes, surveillance de la circulation, du stationnement…).
En matière de sécurité proprement dite, son utilisation par les opérateurs vidéo est très rare, sauf à considérer que la présence de caméras présente un réel intérêt dissuasif.

Rappelons qu’au-delà du moratoire sur l’extension du dispositif existant, une évaluation a vocation à qualifier et quantifier son utilité réelle, son efficacité et son efficience.

            Permettre le déport d'images vers les services de la Police nationale pourrait optimiser la réactivité des services de police ou tout autre service compétent, réactivité nullement intrinsèque à un tel dispositif technique.

Le déport pourrait constituer une atteinte à la souveraineté du système de vidéosurveillance. C’est pourquoi, il convient de préciser minutieusement, par le biais d'une convention, les conditions du partenariat entre la Police nationale et la Ville d'Amiens, en ce qui concerne les modalités de transmission et de mise à disposition des informations transmises par le réseau de vidéosurveillance de la Ville. Cette convention sera signée dans les prochains jours.

En l'espèce, il ne s'agit pas d'autoriser la Police nationale à bénéficier en continu du déport des images du système de vidéosurveillance de la Ville, mais de permettre à la Police nationale en cas d'infractions ou d'événements susceptibles de troubler l'ordre public, de bénéficier temporairement, du report des images et du pilotage d'une caméra. En clair, il ne s’agit pas de retransmettre au commissariat le parcours de la manif du 1er mai !

Il ne s’agit pas de se ranger à une simple circulaire du Ministère de l’Intérieur, sous les aimables pressions préfectorales, alors même que les villes vidéosurveillées y sont fortement incitées par le paiement intégral du raccordement par le FIPD.
J’irai même plus loin : ce déport aurait dû être pratiqué depuis fort longtemps !

La Police municipale n’a pas vocation à se charger de l'ordre public, encore moins le Maire. Cette compétence est exclusivement dévolue à l'Etat, et doit le rester.

Autoriser le déport temporaire de la vidéosurveillance, dans des conditions strictes préalablement définies et contrôlées, doit nous prémunir d’une volonté nationale qui veut faire du Maire un shérif.

Cyclo, vélo, moto, même combat !

S'il existe un domaine où les statistiques ne trompent pas, c'est bien en matière de sécurité routière.

16-25 ans et usagers de 2 roues motorisés sont particulièrement exposés aux dangers de la route. Ils seront une fois de plus au cœur de l'action de sensibilisation sur le quartier du Colvert, coordonnée par la Police municipale d'Amiens, en partenariat avec l'ALCO, l'APAP et la Préfecture de la Somme.

Nous avons profité du passage du Brevet de sécurité routière pour 24 jeunes du quartier. Financé par l'Etat, c'est la Police nationale qui s'y colle !

Ce mardi, une piste de sécurité routière pour les cyclos et une piste de sécurité routière pour les vélos étaient encadrés par Roue Libre 80 et les policiers municipaux. Demain, le simulateur moto prendra l'air, Le Mail informera sur les conduites à risques, tandis que l'Observatoire départemental de la sécurité routière expliquera les effets de l'alcool sur le cerveau... Un des trois citoyens volontaires de la Police nationale animera un débat suite à la projection du film réalisé par le Collège de Rosières-en-Santerre sur le comportement sur 2 roues.

Si le BSR constitue le sésame indispensable à la conduite d'un 2 roues motorisé, il a trop longtemps été réduit à des diapos, des diapos, encore des diapos !

Apprivoiser un 2 roues motorisé ou non, n'est pas chose aisée, cela ne s'improvise pas.



Vidéosurveillance : la perle de la semaine

Toute personne dénigrant la vidéosurveillance, évoque pour moi une forme de "non assistance à personne en danger".

a estimé Dominique Legrand, Président de l'AN2V (Association nationale des villes vidéosurveillées) dans sa tribune de Vidéosurveillance Infos en date du 23 octobre 2009.

L'article 223-6 du Code pénal dispose que le délit de non assistance à personne en danger est puni de 5 ans d'emprisonnement et 75 000 € d'amende.

Coup de théâtre en CTP

"Le coup" fut difficile à encaisser, tout autant que le réveil, en cette matinée grise et pluvieuse, typiquement amiénoise. J'attendais le passage en Commission technique paritaire (CTP) la réforme de la police municipale et l'organisation du Centre de sécurité urbaine (CSU) depuis un an. Mais voilà le charme des organismes paritaires a eu raison de notre empressement. La CFTC a demandé le report des deux rapports. Ce que nous avons admis. Rendez-vous en décembre... Ma déception n'a d'égale que celle des agents. J'en suis certaine.

Rectifions le tir et redéployons la concertation avec les syndicats.

Mon intervention en CTP pour introduire les débats, qui ont dans leur ensemble validé les choix politiques et la méthode, c'est ici :

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Pas de gadget pour les mobylettes !

Intervention lors du conseil municipal du 15 octobre 2009 - Convention de mise à disposition du parc-relais sud pour une piste d'éducation routière

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